Elle entra.
— Qui est Manon ?
— Une fille. Je la vois ce soir.
— Tu me trompes ?
— On n’est pas mariés. Je suis libre. Et puis, tu devrais être contente : c’est bien d’avoir un homme à la maison.
Ce fut la goutte de trop.
— Fais tes valises. Tu pars maintenant.
— Vraiment ? Tu ne tiendras pas deux jours sans moi. T’es à sec, stressée, et sans moi, t’es juste… seule.
— Peu importe qui il est, il vaudra mieux que toi.
Une nouvelle force née de la douleur

Trente minutes plus tard, valise à la main, Lucas tenta une dernière fois :
— Je reste ?
Camille ferma la porte. Sans un mot. Puis elle appela un serrurier d’urgence.
Les premiers jours furent durs. Elle sursautait à chaque bruit. Vivait de pâtes. Comptait chaque centime. Mais elle tint bon. Le salaire finit par tomber, les dettes furent remboursées.
Et surtout, elle se sentit… libre.
Parfois, il faut traverser la tempête pour retrouver sa propre lumière. Camille, elle, n’a rien oublié. Ni la douleur. Ni la leçon.
Mais elle s’est jurée une chose : plus jamais elle ne laisserait quelqu’un affaiblir sa force intérieure.